Vivatech 2019

 
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OceanData était à #vivatech, avec AltGR.
Voici ce que j’ai vu - et je ne suis pas d’accord avec le monsieur.


 

#vivatech (www) veut être le rendez-vous mondial des startups et des leaders pour célébrer l'innovation. Ca, c'est pour le grand public, qui vient voir le futur. Pour les professionnels, c'est aussi la rencontre des esprits, talents et produits les plus brillants du monde. Voilà l'emballage, à vous de choisir si vous voulez y croire.

Quand on est dans la #tech - et il faudrait en parler beaucoup plus longuement, de cette #tech - la question ne se pose pas vraiment : oui, il faut aller à #vivatech. Donc Stéphane (lien), en tant qu'expert en disruption et transformation digitale, je pense que ta place y est. Tu pourrais même y avoir un stand ! Peut-être n’en as tu pas besoin.

La bonne question, c'est pourquoi aller à #vivatech ? Les réponses varient. Les startups, entrepreneurs ou prétendants n'auront pas la même réponse que les décideurs, financiers ou gestionnaires de grands comptes qui, eux, ne se retrouveront pas dans les motivations des politiciens, influenceurs, communicants, ni des cadres des fonctions publiques ou territoriales.

Nous y sommes allés deux jours, avec Laurie (Giuggiola, LI, TW) et Cyrille (Blint, LI), deux de mes associés chez AltGR (www), dans le cadre de notre incubation avec ZeBox (www), la structure marseillaise d'incubation et accélération de projets innovants et propulsée par Matthieu Somekh (LI, TW). Notre but était de présenter notre produit DSaaS - data scientist as a service - et de rencontrer l'écosystème. Vous auriez d'ailleurs pu sauter ce paragraphe, c'était l'instant corporate. Bref.

L'essence de ce type d'évènements, c'est de rassembler des gens dans un (vaste !) lieu, autour d'un thème. C'est en soi un tour de force médiatique, et il faut reconnaitre aux organisateurs une belle efficacité dans la réalisation de leur projet. Probablement très lucratif. Assister à #vivatech, c'est cher (min ~300€/personne), et exposer encore plus. Le modèle d'affaire est intéressant, puisque les startups sont pour la plupart invitées par des structures mieux financées qui, elles, paient rubis sur l'ongle. En effet, il y a deux types d'exposants qui organisent l'espace du salon (enfin, le hangar) : les structures qui paient et présentent ce qu'elles veulent, et les structures qui ne paient pas. Il est rare, en effet, que le produit paie - une forme de logique économique doit être respectée dès lors qu'on décide de construire sur la durée. Le produit ne paie pas, donc, c'est d'ailleurs cohérent avec l'accroche commerciale du salon, qui met en avant startups et décideurs. Les clients sont les décideurs, ces esprits brillants aux multiples talents, qui, soutenus par leurs organisations, viennent découvrir, explorer, converser, peut-être s'inspirer des produits ou services proposées par les startups. Déroulons le modèle : si ces startups viennent gratuitement, c'est qu'elles pensent trouver un intérêt à participer à ce spectacle. Financement, reconnaissance, exposition médiatique, relations commerciales en font partie. La boucle est bouclée, la logique est respectée. #vivatech durera tant que ces conditions de marché dureront. Ce n'est pas une bulle.

C'est, par contre, la vitrine d’une succession de bulles #tech. Les premières éditions (2016, 2017) n'étaient pas des variations mono-maniaques autour de l'intelligence artificielle, mais tournaient autour de la réalité augmentée et du BigData, et de l'innovation technologique en général, dont blockchain évidemment. L'an dernier, on parlait beaucoup #data, analytics et machine learning (apprentissage automatique, I et II). Cette année, c'était le règne de l'intelligence et des smart solutions ; beaucoup osaient encore parler ouvertement d'intelligence artificielle (IA) Personnellement, je n'y arrive plus. Il faut bien se rendre compte que, fondamentalement, l'intelligence artificielle est un mot-valise aux multiples facettes qui illustre parfaitement le décalage entre la réalité de la R&D et les attentes du marché. Le fossé se creuse : dans l'esprit des (brillants) décideurs, il semble implicite, et donc absolument impératif, qu'un produit ou service innovant inclue une brique logicielle implémentant un algorithme d'apprentissage automatique et, c'est mieux, d'intelligence artificielle.

Cela n'a évidemment aucun sens immédiat en dehors d'évidents impératifs de communication - ou de financement. Là est la magie. #vivatech construit cette image d'innovation par accumulation de mot-clés ! Pour se différencier du voisin, il faut laver plus blanc, plus vite, plus profondément. Les startups sont les nouveaux barils de lessive.

Ce portrait que je dresse est peu sympathique, je le reconnais aisément. J'y vois le résultat de forces de marché et de l'écosystème : personne de sensé n'a évidemment décidé ça. Des comportements collectifs, certains impératifs de rentabilité et de réelles avancées technologiques se sont cristallisées et ont créé cette situation, dont la réalisation est probablement temporaire. Les conditions d'existence perdureront tant que l'innovation sera vue, sentie, ressentie comme un moteur de croissance.

 
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Sachant pertinemment cet état de fait, il pourrait paraitre inutile de participer à ce concours de beauté. Ca ne l'est pas : si le marché et les règles du jeu évoluent parfois très, trop rapidement, les personnes restent et s'adaptent. Et ce sont ces personnes qui nous intéressent, et que nous souhaitons rencontrer, avec qui nous voulons échanger et pour qui nous nous sommes rendus disponibles. Et c’est pour elles que nous sommes venus à ce salon.