AltGR : projet commun

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Où maintenant ?
Quand maintenant ?
Qui maintenant ?
Sans me le demander. Dire je.

... de Samuel Beckett, l'Innommable

J'évolue depuis 2015 dans le (relativement) nouveau monde de la valorisation des données massives pour les entreprises, en indépendance presque totale. L'occasion de travailler différemment s'est présentée, dans un cadre commun, avec des professionnels venant de différents horizons, expérimentés et motivés par les aventures un peu risquées. Trois entrepreneurs, dont un frangin, une amie [*] et un partenaire.

Qui maintenant ?

Les autres membres de l'équipe d'AltGR ?
AltGR ?
Oui, c'est le nom de la structure.
Oui, il est super, en effet.

Laurie, qui suit mon histoire depuis le début, a décidé de mettre un terme à son activité d'entrepreneur [*2] dans la finance pour devenir officiellement mon doppelganger commercial. Cyrille lui, son truc, c'est la gestion et les tableaux de nombres : le coté humain et très XXeme siècle du traitement de données, en gros. Son métier, si je le résume, c'est surtout d'optimiser les trucs optimisables, et parfois les trucs moins optimisables, tout en restant dans la plus stricte légalité. Il se dit expert comptable, mais je sais qu'en réalité c'est un grand prêtre des dieux inférieurs du Chiffre et les Conditions de Paiement. Antoine, enfin, a la chance d'être mon frangin. Ou l'inverse, je ne sais jamais. Il s'est trompé de voie puisqu'il est parti faire des maths, alors que tout le monde sait pertinemment que ce domaine est beaucoup moins intéressant que la physique. Naturellement, il est plutôt à l'aise avec les théorèmes velus et les algorithmes ultra-tendus qui permettent d'implémenter les subtilités techniques nécessaires aux programmes optimisés dont raffolent nos clients ou partenaires.

Nous vivons tous les quatre dans le vrai monde, avec des vrais clients et des vrais projets, pas juste de l'habillage commercial ou de l'IA/ML Power Point -nous, on appelle ca des maths appliquées. Et nous évoluons ensemble depuis trois ans - ou trente six.

Où maintenant ?

Le truc classique : seul on va vite, ensemble on va loin.
Etre seul, c'est rapide, pratique et efficace. Les décisions sont rapides, les interactions assez simples, les pertes d'informations minimales et les interprétations ... uniques. Le seul souci est d'ordre physique : j'avais beau essayer, même en me concentrant très longtemps, pas moyen de me dédoubler. Ni de ralentir le temps, d'ailleurs. Deux contraintes physiques regrettables et assez agaçantes, qui contraignent à une certaine linéarité. Ensemble, tout est possible. Le pire [*3] comme le meilleur, puisque des facteurs multiplicatifs entrent en jeu, et des processus non-linéaires émergent subrepticement. Une sorte de truc compliqué s'organise, des discussions commencent, voire des réunions. C'est plus lent, moins facile, les coefficients de frottement augmentent. En retour, une fois que les acteurs sont en place, c'est censé être plus stable et une dynamique émerge. Notons d'ailleurs que sans frottements, une voiture ne risque pas d'avancer. Le coté positif, c'est que les énergies se multiplient elles aussi, et la motivation est plus facile à entretenir. On raconte une histoire plus intéressante, plus complète, et on peut même envisager de prendre des vacances ou ses arrêts maladie.

Le défi, c'est de financer et réaliser un projet technologique autour de l'intelligence artificielle. La vraie, si possible, celle de Minsky et des Turing, pas celle de BFM, de Vivatech ou des conférences spectacles données par des experts en disruption, en enrobage ou en spéculations médiatiques. Disons plutôt une forme d'intelligence artificielle, puisqu'au final, si notre projet se développe dans la direction prévue, il s'agira plutôt d'une génération automatique de programmes spécialisés et forcément relativement intelligents sur une problématique donnée. A nos yeux, la techno est plus proche d'une forme de vie artificielle, puisque les algorithmes seront soumis à des lois évolutives inspirées de la biologie.

Quand maintenant ?

La vie est faite de cycles.
Personnellement, le mouvement de balancier que je traverse a un sens qui me plaît bien : puisque la transition de la R&D vers le commerce est validée, il est temps de revenir à mon ADN, c'est à dire la technique ambitieuse et motivante. Comme moi, Laurie et Antoine sont arrivés à la fin d'un cycle. Le projet s'est monté naturellement, l'année dernière. Tant que le printemps actuel de l'IA tient, autant en profiter pour présenter ce projet et le réaliser sous la forme d'une histoire sensée et financièrement rentable, avec des partenaires ambitieux et motivés. Rares sont les équipes avec des PhD en maths/physique de 15 années d'expérience, associés à une experte du commerce pour les particuliers (7 ans d'expérience) et un professionnel de la gestion d'entreprise (15 années d'expérience, aussi) !

Sans me le demander. Dire je.

Nous n'avons évidemment pas choisi la voie de la facilité. Il aurait peut-être été plus simple (et plus rentable) pour moi de transformer OceanData en SSII spécialisée en science des données (data science) et algorithmes d'apprentissage automatique (machine learning). Et encore plus simple d'intégrer une de ces SSII existantes, parisiennes comme toujours, et opter pour un poste d'expert technique ; ou Chief Data Officer dans un grand groupe.

L'histoire aurait été différente. Mais quelque part, je pense que j'aurais regretté de ne pas avoir osé quelque chose d'audacieux et de personnel. Une histoire de conviction, comme toujours. Avec l’envie intouchée de faire les choses à notre façon : sans mentir, sans jouer avec la peur des gens ou des structures, en transparence quand c'est possible.

Parler vrai et s'y tenir.
Tenter et tout faire pour réussir, sans trop tergiverser.

Observe, orient, decide, act.

T

[*] : ... pas taper
[2*] : entrepreneure c'est moche, et entrepreneuse, ça fait quand même 'achement vulgaire
[3*] : vous avez pensé au même Nicolas que moi

Thomas Gerbaud2 Comments