Blockchain & gouvernance

Résumé de la table ronde organisée par Centraliens Entrepreneurs, qui s’est tenue le 15.11.18 à l’hotel Bedford (Paris, VIIIeme)

Lien inscription : [0]
Intervenants:
- Boubaker Selmi, co-fondateur d'
Electrify
- Jean-Michel Pailhon, VP chez
Ledger
- Nicolas Merle, co-fondateur de
ChainOps
- et votre serviteur, Thomas Gerbaud, co-fondateur d'
AltGR et dictateur éclairé d'OceanData.

Coïncidence amusante : la table ronde se passait en même temps qu'un hard fork de la blockchain Bitcoin, info et liens ici [1].

Voici une synthèse rapide des points abordés par les trois intervenants, suite aux réactions de la salle. Il faut croire que nous avons suscité l'intérêt puisque le public était chaud et impliqué, exactement ce qu'on peut attendre d'une telle technologie. Blockchain reste sulfureux, tant les promesses sont fortes et engageantes.

Trois thèmes m'ont personnellement intéressé. Ceux de la gouvernance [2], des smart-grids [3], et des liens entre physique et numérique. J'essaie de donner un aperçu de quelques réflexions qui m'ont traversé l'esprit lors de ces débats animés. Il se trouve que ces trois sujets sont liés, et tirent partie des propriétés attribuées aux objets liés à une blockchain.

Rappelons-le : blockchain est une forme de base de données qui permet de créer de l'unicité et de la rareté dans un monde d'objets numériques (entendre: non physiques, sans réalité matérielle) qui vivent dans un réseau décentralisé et sans autorité centrale. On parle donc de règles du jeu sur un réseau. Toute la difficulté, la complexité, et donc l'intérêt viennent des relations tissées entre ces objets immatériels et les objets ou forces du monde réel. Notons, pour donner une idée du sujet, que les techniciens de la blockchain s'écharpent depuis longtemps sur des points uniquement technologiques ; et que ce que nous promettent les prochaines années, c'est d'inviter des questions bien réelles et opérationnelles à leurs débats.

Si j'essaie de résumer mon sentiment, et pour garder ce billet court, je dirai que le noeud du problème est un problème de droits : une fois qu'une technologie blockchain est déployée, quels sont les droits attribués aux différents acteurs humains sur les objets immatériels (token) et sur l'architecture même du réseau ?

Dans l'ordre :
- comment relier un objet physique (ex: un vélo, une voiture, un panneau solaire) ou une force ou énergie (ex: electrons créés, déplacement) à un token ?
- qui a le droit de réaliser cette écriture ?
- comment s'assurer de l'unicité de cette relation ?
- comment s'assurer de la réalité de l'enregistrement numérique de cet object physique ?
- quelles possibilités de vérification par des tiers ?
- des questions similaires se posent pour le passage complémentaire de l'asset numérique vers l'asset physique
- il est, par essence, difficile de modifier la blockchain une fois une erreur a été détectée : que faire en cas de bug ou de défaut de conception ?

En formulation condensée : il est nécessaire de s'assurer que les objets physiques respectent les critères draconiens imposés par cette technologie complexe, afin de pouvoir en utiliser les propriétés. Il est donc question de règles humaines et de gouvernance. La technologie suivra.

Voici les vidéos de la soirée :
- https://www.youtube.com/watch?v=JlCmnO-maFg
- https://www.youtube.com/watch?v=dsgCdZV_TlI

[0] https://association.centraliens.net/group/centraliens-entrepreneurs/325/calendar/conference-cocktail-blockchain-cas-reels-usages-concrets/2018/11/15/3109
[1] https://www.coindesk.com/what-we-know-about-bitcoin-cashs-two-blockchains
[2] https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2018/03/19324-blockchain-bouleverse-modes-de-gouvernance-traditionnels/
[3] https://en.wikipedia.org/wiki/Smart_grid

Thomas GerbaudComment